mercredi 6 décembre 2017

L'Alsacien, ce rebelle

A la manière de Dom Quichotte, l'Alsacien doit inlassablement se battre contre les moulins qui jalonnent sa route. Ainsi, toutes les avancées de ce dernier demi-siècle en matière de langue régionale sont constamment remises en question par des directives qui risquent à tout moment de fragiliser le frêle édifice que l'Alsacien construit péniblement. A la manière de Boris Vian, il revêt alors le costume du rebelle (sur la musique du déserteur de Boris Vian).

De Rebell
Y. RUDIO

Min liewer Präsident,
mìr schriiwe dene B’schwertebrief,
dnod löj doch mol nìn, wenn’s beliebt,
wenn d’Zitt nìmm devùn rennt!
Mìr hàn kriejt e Pàpier,
schùn wìdder eins vùn dinem Stààt,
wie ùns doch wìdder emol sààt,
wie Frànkrich hàt ùns lieb.
Min liewer Präsident,
verstehn duen mìr nìtt guet
ùn dìs brìngt ùns ìn Wuet,
worùm ùns kener kennt
ùn doch gìbsch dü ùns kùnd,
dàss mìr nìtt màche derfe
do àlles fer d’Sproch rette,
dìs ìsch doch bìssel bùnt!

Mon cher président, / nous écrivons cette plainte, / alors jettes-y un oeil, s'il te plaît, / quand tu auras le temps! / On a reçu un courrier, / un de plus venant de ton gouvernement, / qui nous dit encore une fois, / à quel point la France nous aime. / Mon cher président, / nous ne comprenons pas bien / et ça nous met en rage / pourquoi personne ne nous comprend / et pourtant tu nous annonces / que nous n'avons pas le droit / de tout mettre en oeuvre pour sauver notre langue, / c'est le pompon !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire